La dominance œstrogénique est une vraie plaie : 3/4 des femmes sont concernées à un moment de leur vie, de la puberté jusqu’à la ménopause. Cette condition est un facteur favorisant les règles abondantes, le SPM, l’endométriose, l’adénomyose, les fibromes. Elle a aussi un effet sur la fertilité, ou encore la prise de poids. Heureusement, il existe des solutions naturelles pour rétablir la situation. C’est notamment le cas de la détox hormonale, dont j’ai déjà parlé.
En cause ? Notre foie, nos reins mais aussi celui qui, non content d’éliminer nos selles, a un rôle de premier ordre dans notre bien-être féminin… C’est l’intestin et les habitants qu’il abrite (la flore intestinale ou le microbiome), et plus précisément : l’estrobolome, prenant notamment en charge la détoxification de ces hormones sexuelles. Je t’explique comment microbiote intestinal et hyperoestrogénie fonctionnent, et surtout comment faire !

Effectivement, en cas de pathologie liée à l’excès d’œstrogène, surveiller la qualité de ta digestion et de l’élimination des toxines est primordial. Aussi, si tu souffres de dysbiose intestinale, d’une maladie hormonale, d’inflammation chronique, que tu prends régulièrement des antibiotiques, de la cortisone ou la pilule, lis bien tout ce qui suit. Ainsi, tu éviteras peut-être la consommation d’aliments qui ne te conviennent pas du touuuut et qui détraquent ton estrobolome. Ou encore de prendre des probiotiques à tort et à travers, sans aucun résultat sur ton système digestif ou ton cycle !

Microbiote intestinal et hyperoestrogénie

Quel lien entre intestins et œstrogène ?

Alors que les hormones du cycle menstruel sont sécrétées au niveau des ovaires, on pourrait se demander ce que l’intestin vient faire dans cette histoire d’équilibre hormonal 🙄.

Les maladies liées à l’équilibre hormonal

Ok, voici un petit rappel sur les principales hormones du cycle menstruel :

  • FSH, LH : sécrétées par l’hypophyse
  • Oestrogène, progestérone : sécrétées au niveau des ovaires
  • Androgènes (notamment testostérone) : sécrétés principalement par les surrénales

C’est l‘équilibre subtil entre chacune d’elles qui permet d’avoir une ovulation de qualité, ainsi que des règles bien rythmées. Mais ce n’est pas tout ! Car le moindre déséquilibre dans le corps entraîne des symptômes délicats :

  • Syndrome prémenstruel
  • Règles abondantes et douloureuses
  • Endométriose, adénomyose, fibrome
  • SOPK (syndrome des ovaires polykystiques)
  • Aménorrhée (absence de règles)
  • Acné et pilosité androgéniques

Mais aussi, et on le sait moins… :

  • Obésité
  • Augmentation du risque cardiovasculaire
  • Davantage de risques de cancer hormono-dépendant (80% des cancer du sein par exemple)
  • Ostéoporose
Hyperoestrogénie

L’excès d’oestrogènes et d’androgènes sont généralement les plus à craindre. Surtout pour le premier, car lorsque le taux reste toujours trop haut, ils deviennent en quelque sorte toxiques pour la femme à moyen et long terme.

👉 Pour maintenir l’équilibre féminin, ton organisme doit sécréter la juste quantité d’hormones, mais aussi de bien les éliminer au fur et à mesure. Et devine qui se charge de cette élimination… ? Le foie, les reins et… l’estrobolome, bien sûr !

Détoxification oestrogène hyperoestrogénie

Détoxification et élimination de l’oestrogène par l’organisme

Une fois que l’oestrogène a été sécrété, transporté et utilisé par ton corps, ce dernier l’envoie au centre de recyclage : ton foie. Cet organe aux multiples compétences va d’abord se charger de neutraliser les hormones usées. Il en résulte des métabolites inactifs. Enfin, si tout se passe bien !

Une fois cela fait, une partie d’entre eux est éliminé vers la voie rénale (les urines). Mais à vrai dire, la plupart des hormones va se noyer dans la bile, direction les intestins. A partir de là, c’est le microbiote qui travaille ! Deux destins sont possibles :

  • Voyager via les voies intestinales (les selles), et quitter définitivement notre organisme
  • Persister et signer pour une remise en circulation dans notre organisme

👉 Ce processus est sensé s’auto-équilibrer de façon à remettre en service des hormones uniquement si le taux de ces dernières est trop bas. Le problème, c’est que notre mode de vie dérègle complètement le microbiome.

Microbiote intestinal et hyperoestrogénie

En fait, on peut imaginer nos intestins comme un centre de recyclage d’urgence de nos oestrogènes. C’est comme si la nature nous avait équipées pour ovuler coûte que coûte, même en cas de famine (si il n’y a pas assez de nourriture dans le corps pour assurer la sécrétion des hormones).

Où se trouvent les intestins ?

Si l’anatomie digestive est déjà bien claire pour toi, passe directement au paragraphe suivant. Dans le cas contraire, je t’invite à observer l’image qui suit.

Intestins : où se trouve le microbiote et son rôle dans l'hyperoestrogénie

L’intestin grêle est trèèèès long et hyperactif : c’est grâce à lui qu’on transforme les petits morceaux d’aliments en molécules uniques et rikikis prêtes à passer dans le sang. Pour, finalement, assurer les mécanismes cellulaires et métaboliques.

Le gros intestin, ou côlon, fait son travail tout en lenteur. Tout ce qui n’est pas passé dans le sang au niveau du grêle arrive dans le gros intestin pour nourrir la flore intestinale. Réciproquement, cette flore t’aide à digérer davantage de nutriments, optimiser ton système immunitaire et ton métabolisme. On distingue 3 zones dans le colon : ascendant (à droite), transverse et descendant (à gauche).

Prends le temps de ressentir dans ton corps, de masser ton ventre de part et d’autres du nombril et des hanches. Alors, ca y est ? Tu situes tes intestins ?

Comment fonctionne le microbiome ?

Il est peuplé par de nombreux habitants ! Des levures, des bactéries et des virus qui sont inoffensifs, du moins tant que la flore reste équilibrée. Si les bactéries prolifèrent par rapport au reste, alors c’est la dysbiose.

Puis, il y a aussi des trucs moins sympas, comme les endotoxines, qui ne doivent pas passer dans la circulation sanguine sous peine de créer de l’inflammation chronique.

Rôle du microbiote sur hyperoestrogénie

👉 Ton microbiome t’est relativement personnel. Sa composition précise dépend de plusieurs paramètres :

  • Ton patrimoine génétique,
  • Si tu as été allaitée ou pas étant bébé,
  • Éviction d’aliments en particulier,
  • Prise de certains médicaments,
  • Avec qui tu partages généralement tes repas,
  • Tes habitudes en matière d’activité physique,
  • Ton stress (ce dernier réduit la qualité de ta flore, et une flore appauvrie accroit les hormones du stress : c’est un cercle vicieux).
  • Ce que tu manges en ce moment…

Et justement, l’une des fonctions du microbiote est de réguler le taux d’oestrogène qui vont repasser dans le sang : c’est l’estrobolome !

L’estrobolome, le microbiote hormonal

C’est précisément ici que le rapport entre microbiote intestinal et hyperoestrogénie prend tout son sens. En fait, l’estrobolome est chargé de produire l’enzyme beta glucuronidase. Cette enzyme deux fonctions principales :

  1. Digérer les glucides complexes
  2. Détoxifier certaines substances comme des hormones et des toxines

Mais lorsqu’il y a une dysbiose de la flore (un déséquilibre entre les bactéries, les levures, les entérovirus), le système digestif change. L’enzyme bêta glucuronidase modifie sa façon de travailler. C’est notamment le cas lorsque ce que nous mangeons est trop riche en sucre. Au final, au lieu de laisser les oestrogènes et les toxines s’évacuer vers les selles, elle les rend à nouveau actives et les remets en circulation !

😨 Le problème, c’est que la plupart des femmes aujourd’hui ont déjà trop d’œstrogènes et trop de toxines circulant dans l’organisme. En rajouter une couche va accroitre les risques de développement d’endométriose, cardiovasculaires ou encore d’obésité.

Estrobolome microbiote et hyperoestrogénie

Les autres facteurs digestifs de l’hyperoestrogénie

A part l’intestin, quels sont les autres choses à savoir pour équilibrer le travail du microbiote intestinal sur l’hyperoestrogénie ? Effectivement, c’est tout le processus digestif qui doit être optimal pour permettre une bonne régulation du cycle féminin.

Si le foie est surchargé (médicament, grignotages, médicaments, pilule contraceptive…), ce dernier peut avoir du mal à neutraliser et conjuguer les métabolites de l’œstrogène. Ces derniers passent alors dans l’intestin sous une forme toxique et dangereuse pour la santé féminine. Attention également, le foie est sensible à l’abus de “mauvaise” graisse, à l’alcool. Si certains traitements médicaux ou antibiotiques ne peuvent pas être supprimés, on peut parfois éviter d’autres médicaments moins utiles et pour lesquels il existe des alternatives en naturopathie, plus safes.

En cas de constipation, la concentration en hormones augmente et les selles restent en contact plus longtemps avec la muqueuse intestinale. Si l’activité de la beta glucuronidase n’est pas optimale, c’est d’autant plus d’oestrogènes qui seront réactivées et passeront dans le sang. La consommation en eau et en fibre doit être ajustée le plus rapidement possible (notamment en fibres solubres et en fibres insolubles, selon tes tolérances).

L’activité sportive est aussi très importante ! Il existe d’ailleurs des études sur l’effet du sport sur le microbiote. L’activité physique régulière favorise le travail musculaire de l’intestin, apporte de l’oxygène au niveau cellulaire, une régulation des hormones du stress. Il en résulte une réduction de la prolifération de la “mauvaise” flore.

Constipation microbiome

Dysbiose intestinale : les symptômes

Si tu présentes plusieurs de ces signes, il peut-être nécessaire que tu renforces ton microbiote :

  • Ballonnements
  • Flatulences malodorantes très fréquentes
  • Selles sont trop dures ou pas suffisamment moulées
  • Éliminations trop fréquentes (plus de 2 fois par jour) ou trop rares (moins d’une fois par jour)
  • Éliminations difficiles, non satisfaisantes
  • Selles odorantes
  • Douleurs abdominales
  • Présence de glaires dans les selles
  • Douleurs à la défécation

Quelle alimentation pour le microbiote intestinal et hyperoestrogénie ?

Voici une vérité parfois difficile à entendre : tu auras beau te gaver de compléments alimentaires, si ton alimentation ne correspond pas à tes besoins réels, tu continueras à avoir des troubles digestifs. Et ces derniers continueront à avoir un impact sur ton système endocrinien.

alimentation-oestrogeneEstrobolome : microbiote intestinal et hyperoestrogénie - MoonFlow

Les aliments à favoriser et éviter

Il n’y a pas vraiment d’aliments “amis” ou “pas amis”, mais plutôt des habitudes alimentaires bénéfiques ou néfastes.

Idéalement, ton assiette devrait se composer 80% du temps comme suit :

  • 1/3 de protéines
  • 1/3 de légumes frais, cuits et crus
  • 1/3 de féculents à index glycémique bas riches en fibre

Néanmoins, nous avons toutes des métabolismes différents. Des besoins différents. Et des tolérances digestives différentes ! Une pathologie nécessite souvent des adaptations nutritionnelles et digestives. C’est pourquoi un bilan en naturopathie est toujours une bonne idée : après que avoir reçu toutes les explications nécessaires, tu repars avec un protocole individuel que nous avons validé ensemble, en fonction de tes objectifs, tes besoins mais aussi tes goûts et tes contraintes.

Ceci dit, pour favoriser un bon travail de l’estrobolome et une activité basse de l’enzyme glucuronidase, voici les choses que tu peux éviter ou favoriser de façon générale :

Aliments à éviterAliments à favoriser
Repas exclusivement composés de féculents, même dits “healthy” ou sains
Céréales raffinées
(pâtes blanches, riz blanc, pain blanc, etc)
Pains du commerce, pain de mie
Gâteaux industriels
Sauces industrielles
Fast-food
Soda
Alcool
Lait de vache, crème
Excès d’oléagineux non trempés
Chicorée
Artichauts
Asperges
Oignons
Poireaux
Orges, seigle, céréales complètes
Choucroute crue
Yaourt, skyr
Boissons fermentées : Kéfir, Kombucha…

Où sont les œstrogènes dans l’alimentation ?

Il existe plus de 300 variétés de phyto-oestrogènes, mais toutes ne se valent pas. Certaines peuvent augmenter l’hyperoestrogénie et d’autres vont, au contraire la réduire.

Pour comprendre ce phénomène, il faut distinguer deux modes d’actions d’un phyto-oestrogène :

  • Le niveau d’activité oestrogénique (pas actif, peu actif, moyennement actif ou très actif)
  • Son affinité pour nos récepteurs à nous (occupe facilement la place, ne l’occupe pas du tout, en occupe seulement certains ou tous).
phyto oestrogene lignane graines de lin pour réduire l'hyperoestrogénie

Par exemple, les lignanes sont une catégories de phyto-oestrogènes dont l’activité oestrogénique est nulle mais l’affinité avec nos récepteurs est excellente. C’est pourquoi les lignanes des graines de lin, des pois, de l’avoine et du seigle entier aident à réduire l’hyperoestrogénie. Ils bloquent le passage dans nos récepteurs et en réduisent l’activité hormonale. Ils sont donc à favoriser en cas d’endométriose ou de règles abondantes, par exemple.

Par contre, si on regarde le coumestrol du trèfle et de la luzerne, son activité oestrogénique est assez importante et son affinité avec nos récepteurs est encore plus grande que notre propre estradiol sécrété par nos organes génitaux. Ces phyto-œstrogènes devraient être évités en cas de maladie lié à un déséquilibre entre oestrogène et progestérone, cancer du sein, de l’ovaire ou de l’endomètre, tandis qu’il sera favorable si on a du mal à sécréter nos hormones.

👉 En ce qui concerne le soja, j’en ai déjà parlé dans l’article suivant : Les protéines, incontournables pour ton équilibre hormonal

Qu’est-ce que les xéno-œstrogène dans l’alimentation ?

Les xéno-oestrogènes sont toutes les molécules perturbatrices endocriniennes. On les retrouve dans les produits phytosanitaires (pesticides, herbicides…) mais aussi dans certains colorants ou encore dans les emballages alimentaires.

L’idéal, c’est d’avoir la possibilité de manger bio (frais, ou surgelé pour les légumes simples) et de cuisiner à la maison. Si on peut, on fait au maximum ses courses en vrac. Il est d’ailleurs possible de se faire livrer du vrac à domicile grâce à des magasins comme La Fourche, ou des abonnements en ligne comme Quitoque.

emballage alimentaire, microbiote, hyperoestrogénie : attention aux perturbateurs endocriniens

Les compléments alimentaires pour réguler ton microbiote intestinal et hyperoestrogénie

Une fois que tu as trouvé de nouveaux repères dans ton alimentation, tu peux accélérer les choses grâces à un ou deux compléments bien choisis pour toi. De la qualité de ton transit et l’aspect des selles va dépendre le choix des compléments. Mais l’âge, le régime alimentaire, et l’importance de la prolifération bactérienne dans les intestins va aussi définir le complément dont tu as besoin.

Les prébiotiques, LA star du microbiote intestinal et hyperoestrogénie

Les FOS (Fructo Oligo Saccharides) sont des sucres qui ne sont pas digérés par l’organisme mais vont faire travailler ton microbiote intestinal. Ils ont démontré leur efficacité pour réduire l’activité de l’enzyme béta-glucuronidase, y compris pour les femmes sujettes aux SOPK.

Biofilm de Pileje est un complément qui contient ces FOS. On arrive généralement à l’avoir en pharmacie, éventuellement sur commande.

Inuline et FOS biofilm pileje pour le microbiote et hyperoestrogenie

Lutter contre la constipation

Là, il faut absolument vérifier que ton alimentation est globalement équilibrée, mais aussi que tu boives au moins 1,5L d’eau par jour ! Tu peux aussi masser tes intestins grâce au faux inspir et aux abdos hypopressifs un petit peu chaque jour.

En phyto : le pissenlit, la mauve et la racine de guimauve t’aideront à éliminer. Tu peux aussi associer le très bon probiotique 10MD de COPMED !

Si l’intestin est irritable…

Lorsque qu’il y a des diarrhées ou des glaires dans les selles, il vaut mieux sortir l’artillerie lourde. Dans ce cas, une cure de Perméarégul+ sur un à trois mois, dans le cadre d’une alimentation adaptée et équilibrée, fait souvent des miracles.

Et après la ménopause, quid du microbiote intestinal et hyperoestrogénie ?

Contrairement à une idée reçue, certains de nos oestrogènes sont encore sécrétés après la ménopause. Mais ils le sont en très petites quantités et l’hyperoestrogénie n’est généralement plus à craindre.

Pour autant, il est important de continuer à protéger son microbiote pour sa santé (le risque de cancer hormono dépendant ou du cancer du côlon reste présent), mais aussi pour son confort, tout simplement !

microbiote et hyperoestrogénie à la ménopause