L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP), parfois appelée ménopause prématurée ou ménopause précoce, concerne les femmes de moins de 40 ans. Elle est suspectée par le professionnel de santé dès lors que la fonction ovarienne est effondrée. Lorsque les ovaires ne sont plus stimulés, le taux d’hormones du cycle menstruel reste bas : certes la fertilité s’en trouve logiquement impactée, mais ce n’est pas tout. La santé et le confort de vie sont aussi concernés ! Quelles sont les causes et les symptômes de l’IOP ? Comment le médecin la diagnostique ? Comment favoriser une grossesse naturellement et que penser des traitements médicaux et notamment de l’hormonothérapie substitutive ? Et surtout : existe-t-il des remèdes naturels complémentaires ? On décortique tout ça aujourd’hui, parce que la qualité de vie d’une patiente qui se retrouve ménopausée à 40, 30 ou 25 ans s’en retrouve bouleversée. Et pour ça, je veux t’apporter mon soutien !

Sommaire
- Quels sont les symptômes de l’insuffisance ovarienne précoce ?
- Comment se fait le diagnostic de l’insuffisance ovarienne ?
- Quelles sont les causes de l’insuffisance ovarienne prématurée ?
- L’insuffisance ovarienne affecte-t-elle la fertilité ?
- Autres risques liés à l’insuffisance ovarienne précoce
- Quels traitements pour l’insuffisance ovarienne prématurée ?
- Prise en charge de l’insuffisance ovarienne précoce en naturopathie
Quels sont les symptômes de l’insuffisance ovarienne précoce ?
L’IOP correspond à une activité ovarienne fortement diminuée avant l’âge de 40 ans. Elle est généralement responsable des symptômes suivants :
- Aménorrhée (absence de règles)
- Cycle irrégulier
- Bouffées de chaleur
- Sécheresse vaginale
- Insomnie
- Diminution de la libido
- Troubles de l’humeur, brouillard mental, troubles de la concentration, anxiété, déprime
- Troubles de la fertilité
- Ostéopénie, ostéoporose
- Peau sèche
👉Cette liste est donnée à titre d’information, mais les symptômes peuvent différer d’une femme à l’autre. Au départ, ils peuvent même passer relativement inaperçus !

Finalement, l’IOP se manifeste de la même façon que la ménopause naturelle. Tu m’étonnes : sur le plan hormonal, c’est le même fonctionnement.
C’est d’ailleurs ce qui va permettre au médecin d’établir le diagnostic. Mais là où l’âge moyen de la ménopause est de 45 ans, les patientes présentant une insuffisance ovarienne sont plus jeunes.
Comment se fait le diagnostic de l’insuffisance ovarienne ?

Il faudra consulter un professionnel de la santé, car seul un médecin peut établir un diagnostic. Il va notamment te faire réaliser un dosage sanguin de plusieurs hormones et marqueurs :
- Taux de FSH
- Estradiol
- AMH
- Echographie pelvienne
- Antécédents familiaux
Et pour t’aider à décrypter l’examen sanguin, voici ce qu’il faut retenir :
| Dosage | Rôle | Taux attendu dans l’IOP |
|---|---|---|
| FSH | Hormone folliculo-stimulante, sécrétée par l’hypophyse et qui stimule les ovaires. | FSH élevée Comme les ovaires ne répondent plus, l’hypophyse sécrète davantage de FSH pour les stimuler davantage. Il est donc logique que le taux de FSH soit élevé. |
| Estradiol | C’est l’œstrogène sécrété par les ovaires, notamment lors de la maturation folliculaire. | Estradiol bas Dans l’IOP, les ovaires ne répondent plus. La maturation des follicules ne se fait pas, et les œstrogènes ne peuvent pas être sécrétés. |
| AMH | Hormone antimüllérienne : c’est une hormone produite par les ovaires, qui varie peu en fonction du cycle. Son taux est proportionnel à la réserve ovarienne. | AMH basse Dans l’IOP, la réserve ovarienne peut être effondrée : dans ce cas, l’AMH sera basse. Néanmoins, attention à ne pas l’interpréter seule, car elle n’est pas forcément un marqueur d’infertilité à elle seule. En outre, on a déjà vu des AMH basses s’améliorer. |
💡 Besoin de mieux comprendre comment le déficit hormonal peut affecter la fonction ovarienne ?
Reprenons les bases avec cet article : cycle hormonal et équilibre
Quelles sont les causes de l’insuffisance ovarienne prématurée ?
En naturopathie, on considère l’ensemble d’une situation. Aussi, il me paraît important de rappeler les causes connues de l’IOP (même si : plot twist, la plupart du temps, on ne trouve pas d’origine clairement identifiable).
Causes génétiques
- Syndrome de Turner
- Mutation du gène FMR1 (X fragile)
- Anomalie des gènes impliqués dans la folliculogénèse
👉 Bien que ces causes soient présentes dès la naissance, elles peuvent parfois rester invisibles et notamment si la puberté se déroule bien ou qu’il y a une prise d’hormone contraceptive tôt dans la vie.
Troubles immunitaires
- Thyroïdite auto-immune (Hashimoto, Basedow)
- Addison
- Diabète de type 1
- Polyendocrinopathies auto-immunes
👉 La situation s’installe progressivement à mesure que la ou les maladies auto immunes détruit la réserve ovarienne


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Origines iatrogènes
- Chimiothérapie
- Radiothérapie pelvienne
- Chirurgies ovariennes, dans certains cas
👉 Là, c’est le traitement médical qui détruit la fonction ovarienne. Généralement, la patiente est mise au courant des risques en amont.
Causes infectieuses
- Oreillons (ovarite)
- VIH
- Tuberculose génitale
👉 Ces causes sont assez rares et il est souvent possible de faire un lien de façon claire.
Origines neuro-endocriniennes
- Hyperprolactinémie
- Troubles alimentaires
- Hypothalamique fonctionnelle
👉 Là, on est pas toujours sur une IOP franche. La situation peut souvent être résolue et l’activité ovarienne restaurée.
Causes idiopathiques
Elles concernent jusqu’à 70% des IOP, soit la majorité. Idiopathique, ça veut dire : “on a pas identifié la cause”. Les bilans sanguins et autres examens peuvent être tout à fait normaux.

Est-ce que ça veut dire qu’il n’y a pas de problème ?
Non. Ca veut dire que la médecine ne sait pas encore où chercher. Et donc qu’elle n’est pas en mesure de trouver, pour l’instant.
C’est très frustrant pour les femmes concernées, et c’est malheureusement souvent mal accompagné sur le plan émotionnel et médical.
Et comme souvent lorsqu’il s’agit de troubles menstruels, le discours ambiant se limite souvent à la fertilité. Pourtant, c’est tout le confort de vie de la femme qui est touché (trouble de l’humeur, trouble de la libido, brouillard mental, risques métabolique et cardiovasculaire augmentés…).
✍️ A noter que plusieurs facteurs d’hygiène de vie peuvent aggraver une insuffisance ovarienne précoce :
- Tabagisme
- Exposition importante aux métaux lourds
- Exposition aux perturbateurs endocriniens, solvants et/ou produits phytosanitaires (pesticides).
L’insuffisance ovarienne affecte-t-elle la fertilité ?
Puisque la fonction ovarienne est altérée et associée à une diminution des taux des hormones du cycle menstruel, l’ovulation peut être rare voire inexistante. Dans ces conditions, difficile de concevoir un bébé ou de favoriser une grossesse naturellement.
Les personnes et les couples concernés par l’insuffisance ovarienne peuvent se tourner vers la procréation médicalement assistée (PMA) et notamment la fécondation in vitro (FIV), associée à des traitements hormonaux.
Le taux de réussite va dépendre de plusieurs critères :
- L’âge de la patiente au moment de la PMA
- La durée de son aménorrhée au moment de la PMA
- L’origine ou le type d’IOP

Âge de la patiente
Selon une étude japonaise publiée en 2021, plus la femme est jeune et plus son aménorrhée est récente, et plus les chances de mettre au monde un bébé sont importantes. L’âge de la patiente serait le premier critère déterminant. Voici les chiffres rendus par cette étude (attention, il y avait des IOP iatrogènes dans cette cohorte et donc des atteintes plus graves et difficilement réversible).
| Âge de la femme | Taux de naissance |
|---|---|
| <35 ans | 22% (d’autres sources mentionnent jusqu’à 50%) |
| 35-39 ans | 9,7% (d’autres sources mentionnent jusqu’à 35%) |
| >40 ans | 1,2% |
Durée de l’aménorrhée
Selon la même étude, la durée de l’aménorrhée (“depuis quand tes règles ont disparues ?”) est également à prendre en compte. Voici les chiffres évoqués par l’étude, pour les femmes de moins de 35 ans ayant une IOP :
| Durée de l’aménorrhée | Taux de grossesse | Taux de naissance vivante |
|---|---|---|
| < 4 ans | 49% | 37,3% |
| 4 à 7 ans | 24,1% | 17,2% |
| 8 à 11 ans | 11,1% | 11,1% |
| 12 ans et + | 0% | 0% |
Fertilité selon le type d’IOP
Enfin, l’origine de l’insuffisance ovarienne prématurée doit être prise en compte. Certaines situations sont plus irréversibles que d’autres, toujours selon la même étude :
- IOP idiopathique : jusqu’à 18% de naissance
- Après opération d’une tumeur bénigne : 16% de naissance
- Post chimiothérapie et radiothérapie : 0% de naissance
- En cas d’anomalies chromosomiques : 9,1% de naissance
AMH basse : ne pas céder à la panique
Je l’ai dit un peu plus haut dans l’article, mais un taux d’AMH bas n’est absolument pas révélateur des chances de tomber enceinte dans le temps.
💡 70% des patientes ayant participé à l’étude et qui ont pu tomber enceinte avaient un taux d’AMH très bas, voire indétectable.
Ce qu’il faut comprendre : l’AMH est sécrété par les follicules lorsqu’ils sont stimulés. IOP = pas de stimulation naturelle. Mais si les ovaires répondent bien aux traitements hormonaux, il y a stimulation par les traitements. Et alors le taux d’AMH remontera dans la foulée !
Témoignages et à retenir concernant la fertilité

Globalement, les témoignages que j’ai pu récolter autour de moi (ou des élèves de la formation Naturopathie Féminine) sont très encourageants.
S’il ne fallait retenir qu’une chose : il est possible d’espérer tomber enceinte en cas d’insuffisance ovarienne. Mais il est important que les professionnels médicaux comprennent que ce désir de grossesse doit être pris en charge rapidement.
Autres risques liés à l’insuffisance ovarienne précoce
Manquer d’œstrogène et de progestérone, ce n’est pas seulement voir sa fertilité chuter. C’est aussi, et peut-être même avant tout, des risques pour la santé qui augmentent et une espérance de vie en bonne santé réduite par rapport aux autres femmes (une réalité parfois un peu balayée rapidement, comme on peut aussi le voir dans le SOPK…).
Risques cardiovasculaires élevés en cas d’IOP
Le risque cardiovasculaire le premier risque accru en cas d’insuffisance ovarienne précoce, celui qu’il faut prendre au sérieux absolument :

- +80% de risques de maladie coronarienne ischémique
- Augmentation des cas d’insuffisance cardiaque dans la population de femme ayant une IOP
- Risque plus élevé de faire un accident vasculaire cérébral (AVC)
- Augmentation de l’incidence de l’infarctus du myocarde
➡️ Le traitement hormonal a un effet protecteur sur la santé cardiovasculaire. Après 6 mois de traitement, on observe notamment une normalisation de la vasodilatation endothéliale. On reparle du traitement hormonal un peu plus bas dans l’article !
Risques métaboliques
- Altération du profil lipidique (triglycérides élevés, “bon” cholestérol insuffisant, excès de “mauvais” cholestérol)
- Résistance à l’insuline augmentée
- Syndrome métabolique plus fréquent chez les femmes ayant une IOP
Ostéoporose
A l’image de la ménopause, la carence en œstrogènes induite par l’insuffisance ovarienne augmente le risque d’ostéoporose. Ce risque est proportionnel à la durée de l’aménorrhée. Donc plus l’IOP survient jeune, plus le risque de diminution de la densité osseuse est grand.
➡️ 67% des femmes ayant une IOP présente de l’ostéopénie (perte de minéralisation osseuse, c’est la phase qui précède l’ostéoporose).
💡 Les conseils qui s’appliquent sont globalement les mêmes que pour les femmes ménopausées :
– Consommation suffisante de protéines et de calcium chaque jour
– Supplémentation adaptée en vitamine D
– Arrêt du tabac
– Activité physique quotidienne
– Le traitement hormonal substitutif prévient le risque d’ostéoporose en lien avec l’insuffisance ovarienne primaire
Impacts neuropsychologiques
Il est urgent d’en parler, car les effets du cycle menstruel sur l’humeur, la concentration et le bien-être moral ne sont pas assez reconnus.
Et non, ce n’est pas juste parce que tu stresses, pas juste parce que tu y penses trop, pas juste parce que la situation te déprime : c’est avant tout neurochimique.
Du fait de l’impact des hormones féminines – et notamment de l’estradiol – sur les neuromédiateurs, une femme avec une IOP peut s’attendre à :
- Un risque de dépression majeure accru
- Des troubles psychologiques : irritabilité, insomnie, déficit attentionnel et difficultés à se concentrer, anxiété, idées noires
Ces troubles psychiques sont reconnus comme une complication majeure de l’insuffisance ovarienne et un soutien psychologique est recommandé.

En outre, il existe un risque de déclin cognitif accru :
- Augmentation du risque de maladie d’Alzheimer et de maladie de Parkinson
- Existence d’un lien entre la survenue de l’IOP chez la jeune femme et les risques neurodégénératifs à long terme
Dysfonction sexuelle et atrophie urogénitale

Les œstrogènes étant impliqués dans la lubrification vaginale, mais aussi en partie dans la libido, on ne sera pas surprises d’observer :
- Une sécheresse vaginale, très courante en cas d’IOP
- Des irritations et prurit vaginal (prurit = ça gratte)
- Douleurs lors des rapports sexuels
Simple corrélation, causes ou conséquences, on observe aussi fréquemment :
- Une sexualité alternée (+ de 50% des femmes)
- Une lubrification naturelle insuffisance
- Un taux de satisfaction globalement réduit
Ce qui est très intéressant, c’est de noter que le taux de désir, lui, ne change pas.
Par contre, si le traitement hormonal prévient la plupart des autres risques pour la santé, il ne semble pas aider à améliorer la lubrification vaginale ni les douleurs.
Par contre :
– il réduit le risque d’atrophie de la muqueuse,
– favorise l’équilibre du microbiote vaginal
– et, in fine, protège des mycoses, vaginoses et infections urinaires chroniques
Quels traitements pour l’insuffisance ovarienne prématurée ?
Il n’existe pas de traitement médical pour restaurer l’insuffisance ovarienne précoce. Par contre, il existe des traitements permettant de pallier à la carence en œstrogène et progestérone, dans un but de prévention des risques associés. Ils permettent également d’améliorer la qualité de vie et permettent une meilleure gestion des symptômes associés.

Quel traitement pour favoriser une grossesse en cas d’insuffisance ovarienne ?
Tenter une grossesse naturelle
Lorsqu’il existe une activité ovarienne résiduelle, on peut espérer jusqu’à 5 à 10% d’ovulation spontanée. Dans un premier temps, on peut donc tenter de soutenir et amplifier cette activité, afin de favoriser une grossesse naturelle :
- Monitorage de l’activité ovarienne (prises de sang, échographies)
- Stimulation douce (soutien de la FSH pour favoriser l’activité ovarienne)
- Rapports programmés
➡️ Si la réserve ovarienne est trop faible, ce traitement sera trop peu efficace. Il y aura, d’une part, un taux d’échec important, et d’autre part beaucoup de contraintes logistiques tout au long du processus.
FIV ICSI
Lorsque la réserve ovarienne est déjà moindre, une fécondation in vitro (FIV) peut être proposée. Parfois avec injection intracytoplasmique du spermatozoïde dans l’ovule : on parle de FIV ICSI. Dans tous les cas, la réalisation de cette FIV se fera conjointement à la prise d’hormones pro-FSH et pro-œstrogènes.
Si la femme est jeune et que son IOP est inférieure à quatre ans, on peut espérer de bons résultats.
➡️ A noter que le taux de réponse à la stimulation reste assez faible, en général.
Faire appel au don d’ovocytes
C’est la proposition de référence, qui peut être la première proposée par le professionnel de santé dans certains cas.
- C’est la donneuse qui suit la stimulation ovarienne
- La receveuse reçoit un traitement d’oestrogène et de progestérone, afin de mimer les effets du cycle pour préparer l’endomètre (muqueuse utérine dans laquelle l’embryon va venir s’implanter).
- Le sperme peut être celui du partenaire, et parfois celui d’un donneur.
➡️ Le taux de grossesse est plus élevé, mais la grossesse sera classée comme à haut risque en cas de réussite. En effet, on observe davantage de prééclampsie, d’accouchements prématurés et de retard de croissance utérine (RCIU).
Préserver la fertilité lorsqu’on ne veut pas tomber enceinte tout de suite

A ce stade, tu l’auras compris : plus on est jeune, et plus l’IOP est récente, et meilleures sont les chances de concevoir. Pourtant, ce n’est peut-être pas le bon moment dans ta vie. Aussi ces possibilités s’offrent à toi :
- Congélation d’ovocytes (après stimulation)
- Si partenaire stable, il peut être envisageable de congeler des embryons.
On notera que chez la patiente ayant un cancer hormono-dépendant , la stimulation ovarienne présente en théorie un risque d’aggravation.
Traitement hormonal de l’IOP (traitement de base)
Sauf contre-indications spécifiques, le traitement hormonal de substitution (TH ou THS) sera systématiquement prescrit jusqu’à 50 ans.

Je sais que dans le milieu naturo, on a vite peur des hormones. Aussi, je vais être aussi rassurante que possible :
- Le traitement hormonal vise à ramener le taux d’œstrogène et progestérone à un niveau physiologique. C’est-à-dire, celui d’une femme sans IOP.
- Ce traitement n’est pas associé à un risque de cancer hormono-dépendant plus élevé.
- C’est la meilleure – sinon la seule – solution pour prévenir tous les symptômes et tous les risques associés dont nous avons parlé plus haut dans cet article :
- prévention cardiovasculaire et métabolique,
- prévention de l’ostéoporose,
- normalisation de l’humeur et de la concentration,
- prévention du déclin cognitif, soutien de la libido et meilleure satisfaction sexuelle…
- Le TH permet d’améliorer le confort de vie de manière significative et de prévenir le vieillissement prématuré.
- Il existe effectivement une augmentation du risque de thrombose veineuse, mais surtout si la femme débute le traitement trop tard dans sa vie et lorsqu’il existe déjà des facteurs de risque, comme des antécédents dans la famille par exemple. Le médecin prescripteur doit de toutes façons faire la recherche des de ces risques et antécédents.
La pilule contraceptive en cas d’IOP
Bon, je vais la faire courte : c’est moyennement une bonne option.
Déjà, elle ne reproduit pas vraiment le cycle menstruel. Or, c’est vraiment l’alternance d’œstrogène et de progestérone qui va avoir un effet positif sur la santé, les tissus (tissu ovarien mais aussi peau, os, muscles) et sur le microbiote vaginal.
Ensuite, elle peut masquer les symptômes ovariens et donner l’impression que la santé reproductive s’améliore (mais en fait non).
Enfin, la pilule contraceptive ne stoppe pas tout à fait les processus ovariens et la réserve ovarienne va continuer de s’épuiser de toutes façons.
Prise en charge de l’insuffisance ovarienne précoce en naturopathie
En parallèle de la prise en charge médicale de l’insuffisance ovarienne primitive, il est intéressant de prévoir une approche naturopathique. Mais je veux que tu gardes en tête que la naturopathie n’est pas une pratique miracle, et qu’elle ne peut pas promettre de réussir là où les centres spécialisés ont échoué.
Par contre, la naturopathie peut t’aider à améliorer ton confort de vie et à mieux tolérer les effets des traitements. Son gros avantage, c’est d’aborder la pathologie dans son aspect global. On connecte profil hormonal et fertilité aux autres aspects de ta santé féminine : bien-être psychologique, qualité du sommeil, bon fonctionnement du foie et de la flore intestinale, sexualité, soutien de la fertilité sur le plan fonctionnel…

Détoxification hormonale
Que tu les produises toi-même où que tu les reçoives via un traitement, les hormones utilisées par ton organisme doivent ensuite être neutralisées puis éliminées. Or, ces processus de détoxification ne se passent pas toujours correctement, induisant une augmentation du risque de cancer par exemple.
Sont concernées, les femmes qui :
- ont une hypothyroïdie
- sont porteuses de la mutation génétique MTHF avec une homocystéine élevée
- sont en surpoids
- ne consomment pas assez d’antioxydants dans l’alimentation
- ne couvrent pas leurs besoins en vitamines B
- consomment trop peu de fibres et du sucre en excès
- ont des troubles intestinaux fonctionnels (SII, constipation chronique, candidose, histaminose…)

Dans tous ces cas, il sera primordial de favoriser les processus naturels de détoxification de l’organisme. Tu peux jeter un œil à cet article : Détox hormonale, comment la réussir
Micronutrition et supplémentation
Couvrir ses besoins nutritionnels et micronutritionnels est important, pour tout le monde. Mais pour les femmes présentant une insuffisance ovarienne prématurée, l’apport en certains micronutriments nécessite une vigilance encore plus accrue ! Une alimentation équilibrée : oui, c’est la base mais ça ne suffit pas toujours.
D’ailleurs, les femmes ayant une IOP ont souvent des taux plus bas en certains micronutriments.
Vitamine D
Incontournable, clairement :
- Assimilation du calcium et santé osseuse
- Activité immunitaire
- Régulation de l’inflammation de bas grade

Attention : presque tout le monde est en déficit de vitamine D ! A savoir qu’en France, les taux recommandés sur les bilans sanguins préconisent vraiment le strict minimum.
L’idéal est de prévoir une supplémentation adaptée chaque jour ou chaque semaine. Et grand maximum chaque mois (car une ampoule trimestrielle va faire monter trop vite le taux de vitamine D, pour revenir en déficit après un mois seulement).
Calcium
Alors oui OK, le calcium est important pour prévenir l’ostéopénie. D’accord.
Mais pas seulement. La fonction musculaire, le système nerveux et quasi tous les processus cellulaires ont besoin de suffisamment de calcium : 950mg par jour pour couvrir les besoins (et figure toi que sans produits laitiers, c’est finalement assez compliqué de manger assez de calcium !).
Oméga-3
Ces acides gras sont essentiels, et ne peuvent donc pas être produits par l’organisme. Ils sont tellement fragiles qu’ils peinent à arriver jusqu’à notre assiette !
Si aucune étude n’a montré de corrélation entre statut en oméga-3 et IOP, ils sont bien connus pour prévenir les risques associés :
- Protéger le système cardiovasculaire (diminution de l’athérosclérose et diminution des risques évoqués plus haut)
- Prévenir le déclin cognitif
- Normaliser la fonction inflammatoire
- Réguler l’humeur

Magnésium
Co-facteur de plus de 300 réactions biochimiques, il est très difficile de couvrir ses besoins en magnésium.
Surtout que les oestrogènes et le stress ont tendance à nous en faire perdre davantage ! La supplémentation sera incontournable en cas de traitement hormonal, de fatigue, d’anxiété.

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Zinc
Comme le magnésium, il est aussi cofacteur de plus de 300 réactions enzymatiques (processus cellulaires).
Les femmes sportives et les végétariennes ont tendance à manquer de zinc, même avec des apports alimentaires réguliers.
Iode et sélénium
Deux minéraux absolument essentiels si l’IOP est combinée à une hypothyroïdie clinique (jusqu’à 24% des cas).
En outre, le sélénium est un antioxydant majeur.
Les vitamines du groupe B
Elles participent au métabolisme énergétique (B1, B2, B3, B8), à la détoxification des hormones, la protection cardiovasculaire et la régulation des neurotransmetteurs (B6, B9, B12).
Ratio CoQ10/Cholestérol
Un ratio bas de Coenzyme Q10/cholestérol est associé à un plus grand risque d’IOP. Inversement, un taux suffisant d’antioxydant et de COQ10 suggère un effet protecteur sur le tissu ovarien.
Chez l’animal, la supplémentation en CoQ10 augmente la qualité des ovules, augmente la réussite des FIV et améliore le développement embryonnaire.
Resvératrol
Cet antioxydant pourrait améliorer la qualité de la réserve ovarienne, notamment celle induite par la chimiothérapie. Du moins c’est ce que montre une étude menée chez le rat.



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Sources scientifiques :
– Live Birth Rate in Patients With Premature Ovarian Insufficiency During Long-Term Follow-Up Under Hormone Replacement With or Without Ovarian Stimulation – PMID : 34975766
– Premature ovarian insufficiency: the context of long-term effects – PMID : 27091671
– Premature ovarian insufficiency – aetiopathology, epidemiology, and diagnostic evaluation – PMID : 30357004
– Pathogenesis and Causes of Premature Ovarian Failure: An Update – PMID : 24963360
– Evidence-based guideline: premature ovarian insufficiency – PMID : 39660328
– Measuring the Levels of AMH, FSH, LH, TSH, Progesterone, Estrogen, Vitamin D, Calcium, and Magnesium in Women with Premature Ovarian Insufficiency – DOI : 10.61091
– Association of Coenzyme Q10 with Premature Ovarian Insufficiency – PMID : 36471220
– Effects of coenzyme Q10 on ovarian surface epithelium-derived ovarian stem cells and ovarian function in a 4-vinylcyclohexene diepoxide-induced murine model of ovarian failure – PMID : 33888135






