Le trouble dysphorique prémenstruel – ou TDPM – est souvent vu comme un syndrome prémenstruel plus fort et plus grave. Cependant, en France, il semble sous-diagnostiqué. Ce qui est sûr, c’est qu’il est largement minimisé (quand on sait que ça peut rendre suicidaire, pourtant…). A l’opposé du globe, c’est l’inverse : le TDPM est traité non pas comme un trouble de l’humeur féminin, mais comme une maladie psychologique à part entière. Et si nous étions un peu dans le vrai des deux côtés ? Je te propose une étude des mécanismes du tdpm, un test pour savoir si tu es concernée, ainsi que les traitements possibles pour mieux vivre ton cycle !

Sommaire
Qu’est-ce que le trouble dysphorique prémenstruel ?
Que veux-dire TDPM ?
C’est l’acronyme de Trouble Dysphorique Prémenstruel. Il désigne l’ensemble des symptômes (principalement psychologiques) vécus par les femmes menstruées pendant leur cycle. Plus précisément, pendant la deuxième moitié, entre l’ovulation et les règles. Ce syndrome est d’ailleurs inscrit au DSM V (manuel de diagnostic et statistique des troubles mentaux). C’est peut-être pourquoi les psychiatres prescrivent avant tout des anti dépresseurs, en omettant totalement la physiologie hormonale).
On estime qu’environ 8% des femmes menstruées de tout âge souffrent de TDPM.

💡A notre époque, où nous cherchons néanmoins à faire cesser le mythe de la femme qui devient chiante pendant ses règles, comment expliquer l’existence de cette forme sévère de syndrome prémenstruel (SPM) ?
Comment expliquer le TDPM ?
Tout d’abord, il faut comprendre comment l’humeur et les émotions sont régulées dans le cerveau. C’est avant tout grâce à la sécrétions de neurotransmetteurs, tels que la sérotonine, la dopamine ou encore le GABA.
Or, la sécrétion de ces neurotransmetteurs dépend de plusieurs facteurs :
- Nutrition (ces neuro hormones sont faites d’acides aminés essentiels et de gras, apporté par notre alimentation),
- Flore intestinale (les acides aminés sont – ou ne sont pas – activés en fonction de la qualité de notre microbiote)
- Cycle menstruel (l’oestrogène favorise la sécrétion de la sérotonine, tandis que la progestérone favorise plutôt la relaxation).
Sans parler du fait que ces trois facteurs s’influencent les uns et les autres. Il suffit qu’une seule étape ne se passe pas très bien, pour que la personne tombe dans un cercle vicieux.
👉 Par exemple, presque tout le monde a un problème de flore intestinale, du fait de l’omniprésence des aliments hypertransformés, manque de fibre, excès de sucre, sensibilités digestives personnelles… Seulement, les symptômes varient d’une personne à l’autre.
👉 Ou encore, la plupart de mes clientes ont des carences alimentaires, ou mangent trop peu de protéines. Ce qui ne permet pas une sécrétion optimale des neurotransmetteurs et de la progestérone. Finalement, cela s’en ressent sur l’équilibre hormonal au sens large.
👉 Enfin, la dominance œstrogénique favorise le déséquilibre hormonal et, paradoxalement, le syndrome prémenstruel et de TDPM.
Les symptômes du trouble dysphorique prémenstruel

Voici les symptômes cliniques qui peuvent évoquer un TDPM, sans forcément y être exclusifs :
- Dépression
- Dépréciation personnelle
- Idées noires, pensées suicidaires
- Anxiété
- Irritabilité importante
Surtout, et c’est ce qui caractérise le TDPM, ces maux se manifestent ou s’aggravent en seconde partie de cycle menstruel. Soit environ 2 à 16 jours avant les règles.
TDPM : test et diagnostic
Attention : le test proposé ci-dessous est à visée ludique et peut aider à comprendre les symptômes. Il ne constitue en rien une évaluation fiable de la situation. Seul le médecin est habilité à poser un diagnostic.
Trouble dysphorique prémenstruel : test
- Je me sens tellement irritable avant mes règles que cela peut provoquer des conflits dans mes relations aux autres
- Mon anxiété ou ma nervosité augmentent de façon très significative avant mes règles
- Un sentiment de désespoir, d’être dépressive, m’envahit avant mes règles
- Je vois tout en noir avant mes règles, mais tout s’arrange une fois qu’elles sont terminées
- J’ai du mal à me concentrer avant mes règles
- J’utilise la nourriture pour me réconforter avant mes règles, je peux avoir des troubles du comportement alimentaire
- Il y a plus de troubles du sommeil avant mes règles
- Je me sens très fatiguée avant mes règles, et beaucoup plus en forme après ces dernières
- J’ai régulièrement d’autres signes de syndrome prémenstruel , notamment physiques (rétention d’eau, tensions et douleurs dans les seins, éruptions cutanées, spottings…)
- Ces symptômes sont revenus plusieurs fois au cours de la dernière année
Diagnostic médical de ce syndrome
A qui parler de mon trouble dysphorique prémenstruel ?
Plusieurs personnes peuvent t’aider dans ton parcours médical :
- Médecin de famille, médecin traitant, médecine générale
- Sage-femme
- Gynécologue
- Psychologue
- Psychiatre
- Endocrinologue
Il n’existe pas de test à proprement parler, pas d’examen en particulier. Le diagnostic reposera sur l’évaluation de tes symptômes, qui peuvent être très différents d’une femme à l’autre. Néanmoins, une possibilité existe : faire doser ses hormones à certains jours spécifiques du cycle. Il est aussi possible de faire doser ses neurotransmetteurs. Dans la pratique, il me semble que ces examens ne sont jamais proposés dans le cadre du TDPM.

Attention ⚠ Ce n’est pas parce qu’ils sont professionnel du milieu médical qu’ils connaissent bien la problématique du TDPM. Si tu es victime d’un refus de diagnostic, d’un refus d’être redirigée vers un autre professionnel compétent, tu peux demander toi-même un second avis (et même un troisième) en contactant d’autres praticiens.
Aussi, chaque médecin aura sa propre approche par rapport à ces symptômes, notamment parce qu’il y a plusieurs protocoles possibles pour mieux vivre ce trouble.
Quel traitement médicamenteux pour le trouble dysphorique prémenstruel ?
Il y a, globalement, deux façons principales pour mieux vivre le TDPM, que ce soit de façon médicale ou naturelle :
- L’approche hormonale
- L’approche psychologique et psychiatrique
Le plus souvent, il est nécessaire de combiner plusieurs approches. Surtout, il est important de ne pas négliger l’hygiène de vie et le recours aux traitements naturels. Ces derniers sont dits complémentaires, mais à vrai dire, ils sont incontournables au long terme.

Antidépresseurs pour soigner le TDPM
La femme se voit proposer des antidépresseurs spécifiques, qui visent à inhiber la recapture de la sérotonine (ISRS).
Ce qui est intéressant, c’est que même en 2023, les scientifiques ne savent pas exactement comment fonctionnent ces médicaments sur la dépression. Néanmoins, on a découvert que les antidépresseurs modifiaient la flore intestinale. Cette dernière a notamment pour rôle de transformer les acides aminés essentiels en une forme intermédiaire, pour ensuite être transformée en neurotransmetteur !
L’inconvénient principal est la dépendance à ces traitements.
TDPM, pilule, traitement hormonal
Les contraceptifs hormonaux peuvent être utilisés en cas de trouble dysphorique prémenstruel. Comme ils modifient les fluctuations hormonales, ils permettent de pallier à :
- La carence en progestérone (très courante !)
- Une éventuelle sensibilité entre le plan hormonal et les neurotransmetteurs
Les progestatifs sont généralement utilisés (pilule microdosée, ovules de progestérone…), parfois associés à un œstrogène de synthèse. Néanmoins, il existe de nombreuses contre indications et effets secondaires à la prise d’hormones de synthèse.
💡 On te dira qu’il n’y a pas de dépendance, mais ce n’est pas vrai selon moi. Le fait de prendre une contraception modifie le profil hormonal, et le jour où on veut l’arrêter (projet de grossesse, risques pour la santé) le TDPM peut être aggravé pendant plusieurs mois à plusieurs années.
Stérilet, progestatif et dépression
Si une étude récente a mis en avant que l’utilisation du DIU ou stérilet hormonal (tel que le Mirena) pouvait augmenter les troubles dépressifs, il faut faire la part des choses.
Déjà, ce n’est pas parce que le risque est augmenté que toutes les femmes l’utilisant vont devenir dépressives ! Ensuite, il est aussi possible que le port d’un stérilet progestatif améliore au contraire les symptômes du TDPM. Notamment lorsque la cause de l’irritabilité et de la déprime réside davantage dans les variations hormonales en soi.
Donc, en conclusion, disons qu’il y a deux cas de figure :
1) En “lissant” le taux d’hormones dans le corps, le DIU hormonal peut lisser l’humeur.
2) Comme il prive le corps d’un taux significatif d’œstrogène, le DIU hormonal peut à contrario aggraver la dépression.

Traitement naturel pour le trouble dysphorique prémenstruel
Comme je le disais un peu plus tôt dans cet article, les traitements naturels sont incontournables. C’est même, selon les recommandations officielles, le premier réflexe à mettre en place en cas de TDPM. En tout cas, c’est ce qui permettra d’y faire face à moyen et long terme.
L’approche par les neurotransmetteurs
En naturopathie, nous avons beaucoup de solutions naturelles pour favoriser la bonne sécrétion des neurotransmetteurs.
Déjà, dans l’alimentation, on veillera à stabiliser sa glycémie. Notamment après l’ovulation et jusqu’aux règles, où les besoins nutritionnels sont un peu plus élevés. J’en ai déjà parlé en détail dans cet article : Alimentation et cycle menstruel, phase par phase.

En outre, on fera attention à apporter suffisamment de tryptophane. Les aliments qui en sont riches sont :
- oeufs,
- volaille,
- riz complet,
- banane,
- chocolat noir,
- noix oléagineuses (amandes, noisettes, cajou…).
Néanmoins, si l’organisme n’est pas capable de convertir le tryptophane, ça ne servira pas à grand chose (sinon augmenter nos flatulences). Deux options :
Première option : les probiotiques
On fait une cure de probiotiques d’au moins 30 jours, idéalement 90 jours, afin d’agir sur la conversion du tryptophane.
Je recommande largement les probiotiques du laboratoire COPMED qui contiennent notamment le Fibregum(c).

Deuxième option : la phytothérapie
Soit on opte pour une supplémentation en 5-HTP (généralement issu d’une plante qui en est proche : le griffonia).
Si le griffonia ne suffit pas, on peut ajouter d’autres plantes :
- Millepertuis (attention, elle est photosensibilisante et il faudra utiliser une protection solaire suffisante toute l’année)
- Coquelicot
- Safran
- Rhodiola (contre-indiquée en cas d’antécédents bipolaire)
⚠ Ces trois plantes sont incompatibles avec la prise d’antidépresseurs. Mais les probiotiques pourront être prit conjointement au traitement médical sans problème !

Les approches complémentaires

Faire du sport en quantité modérée trois fois par semaine, puis en augmentant progressivement la fréquence, permet une meilleure sécrétions des hormones du bien-être. Si ce sport est fait en pleine nature, c’est encore mieux. Mais sinon le sport en association, le sport en salle et le sport dans son salon, c’est déjà très bien !
On peut pousser le bouchon un peu plus loin en se rappelant que, tout comme l’humeur, les besoins en matière de sport changent un peu avec le cycle menstruel.
Se supplémenter en Oméga-3 de qualité est au moins aussi efficace que les antidépresseurs pour environ 60% des gens. Mais la qualité du supplément est vraiment très importante. Quant à la posologie, il faudrait environ 3gr d’huile de poisson par jour.
Pour finir sur la question des hormones du bien-être, le traitement naturel ultime semble être la luminothérapie. Elle a démontré son efficacité pour la dépression saisonnière, alors pourquoi ne pas essayer en phase lutéale ?
L’approche par l’équilibre hormonal
Alors, on récapépéte :
- Les oestrogènes boostent la sécrétions d’hormones du bien-être, surtout avant et pendant l’ovulation
- La progestérone n’en fait pas de même. Elle favorise la relaxation et augmente le métabolisme, ce qui peut aggraver les troubles de l’humeur si on n’y prête pas attention.
Autre information :
- Le pic de LH qui a lieu autour de l’ovulation, créé un sentiment de dépréciation personnelle chez certaines femmes.
- L’excès d’oestrogène n’améliore pas le TDPM. Au contraire, il l’aggrave !
Pour maintenir un bon équilibre hormonal, voici ce que tu peux faire :
- Dormir suffisamment, et surtout avoir des heures de couchers et levers assez fixes
- Gérer les effets du stress sur ton organisme en te reposant suffisamment et en prenant du temps pour toi
- Faire du sport, ni trop, ni pas assez
- Utiliser des plantes relaxantes ou à action progestérone-like, dont j’ai déjà parlé dans l’article Syndrome prémenstruel : les solutions naturelles.
Pour démarrer, la supplémentation en magnésium bisglycinate et en huile d’onagre du 10ème au dernier jour du cycle menstruel (après les règles, donc) sont généralement bénéfiques. Tu trouveras également ces compléments sous forme très qualitative chez COPMED.


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